Munitions

Une munition est un ensemble destiné à charger une arme à feu. Elle est constituée au minimum d'un explosifcharge et d'un (ou plusieurs) projectile(s) (grenaille, balle, obus). appelé

À partir du XXe siècle, la munition peut être auto-propulsée (ex. : roquette, missile) et éventuellement guidée à distance, ou capable de s'orienter vers une source chaude ou autre.

Le projectile peut être lui-même creux et empli d'un explosif équipé d'un dispositif pyrotechnique de mise à feu (détonateur réagissant à l'impact, ou retardé), projetant des éclats, des balles (plombs ronds des obus shrapnel) et plus récemment des sous-munitions. Dans le cas d'armes chimiques ou biologiques, le projectile a pu être également empli d'agents toxiques chimiques ou pathogènes, se transformant en gaz toxique ou contaminant lors de l'explosion à l'impact.

Sommaire

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Étymologie[modifier]

La munition (ou monition, amunition, amonition.. en ancien français) est originellement la chose dont on se munit (du latin munitionem, demunire qui signifie « munir »).

Histoire du mot[modifier]

Au XVIe siècle, le Livre de canonerie (REINAUD et FAVÉ, p. 142) explique « la façon de faire la munition et composition de feu grégeois »

Selon le Dictionnaire de l'Académie française (4e édition de 1762, Page 187), on entendait au XVIIIe siècle par « munition » « la Provision des choses nécessaires dans une armée ou dans une place de guerre ». (Ex : munitions de bouche ; munitions de gueule, des provisions pour faire bonne chère)

Munitions de guerre. « La place étoit pourvue de munitions de guerre & de bouche. On manquoit de munitions, de toutes sortes de munitions ». En ce sens le mot ne s'emploie qu'au pluriel.
Le Pain de munition st « Le pain que l'on distribue chaque jour aux soldats dans l'armée ou dans une place de guerre. Les soldats eurent ordre de prendre du pain de munition pour trois jours » (ex : MONT., I, 261: Des gelées si aspres que le vin de la munition se coupoit à coups de hache »... AMYOT, C. d'Utiq. 77: « Ce livret contenoit l'estat de la monition dont il avoit fait faire provision pour la guerre, de bledz, d'armes »... M. DU BELLAY, 518: « Il avoit fait faire une munition de pain pour dix jours »)

Ce n'est que dans sa 6e édition (1832-5) que le Dictionnaire de l'Académie française (Page 2:245) ajoute à la définition précédente : « Fusil de munition, Fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des soldats d'infanterie, et auquel s'adapte une baïonnette ».

Puis le mot désigne plus souvent les poudres et projectiles, pour le fusil comme pour le canon, avant que les torpilles, missiles emportés et autres roquettes entrent dans le domaine des projectiles.

Depuis le XXe siècle siècle, on distingue aussi les munitions conventionnelles des munitions chimiques et depuis peu les munitions intelligentes ou munitions vertes.

Historique[modifier]

Les premières armes à feu tiraient de simple cailloux, ou de la grenaillede fer récupérée dans les forges (avant que cela ne soit interdit). Des balles sphériques ont rapidement été inventées, coulées en plomb, puis en plomb allié d'antimoine et d'arsenic pour le durcir. La poudre était d'abord chargée séparément par la gueule du fusil ou du pistolet ou du canon. Jusqu'au XIXe sièclesiècle, il était nécessaire de calepiner les balles de fusil, c'est-à-dire de les enrouler dans un morceau de coton, de tissu ou de papier graissé (la cartouche) afin d'assurer le meilleur rendement possible du tir en ajustant mieux le projectile au canon par la réduction des interstices par lesquels les gaz s'échappent au lieu de pousser la balle, et pour augmenter la cadence de tir.

Avec l'apparition des poudres sans fumée ni résidu et des préparations cireuses de nitrates peu sensibles à l'eau et à l'humidité, et grâce à des capsules s'enflammant à la percussion (les Amorces), les munitions ont gagné en facilité d'usage et en fiabilité. L'étuiest un réceptacle muni d'une capsule pleine d’un explosif primaire à sa base et rempli d'une charge tandis que la balle, ayant pris différentes formes d'ogive, est enchâssée à l'autre extrémité. L'ensemble nommé cartoucheest étanche et offre une facilité de chargement qui a ouvert la voie à toute une série de systèmes automatiques de chargement de l'arme, améliorant ainsi sa puissance de feu.

Les cartouches modernes présentent des calibres de plus en plus petits avec des balles plus légères mais aussi beaucoup plus rapides.

Lors de la Première Guerre mondiale, jusqu'aux animaux de cirques étaient réquisitionnés pour contribuer à l'effort de guerre, ici à l'usine de munition de Sheffield
Lors de la Première Guerre mondiale, jusqu'aux animaux de cirques étaient réquisitionnés pour contribuer à l'effort de guerre, ici à l'usine de munition de Sheffield
1914-1918, des dizaines de milliards de balles ont été fabriquées lors de la Première Guerre mondiale
1914-1918, des dizaines de milliards de balles ont été fabriquées lors de la Première Guerre mondiale

C'est avec la Première Guerre mondialeque la fabrication maintenant devenue industrielle des munitions a été plus que décuplée en quelques mois, mobilisant une grande partie des ressources financières, industrielles et minières des belligérants. Plus d'un milliard d'obus et des dizaines de milliards de balles de pistolet, de fusil et de mitrailleuse, torpilles et autres grenades ont ainsi été fabriqués en quatre ans.

À la fin de la guerre, un tiers des obus qui sortaient des chaînes de fabrication étaient des munitions chimiques dont une faible partie, heureusement, ont été utilisées.

Un quart environ des obus fabriqués à la chaîne n'explosaient pas à l'impact, contribuant aux séquelles de guerre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, ce seront 10 obus sur cent qui n'exploseront pas à l'impact, et 50 % environ des munitions incendiaires. Nombre d'entre eux sont encore dans les sols où ils se décomposent lentement en libérant leur contenu (dont nitrates, mercure et autres toxiques).

Désignation[modifier]

Les munitions sont généralement désignées par un chiffre correspondant quasi toujours au calibre (au moins approximatif) du projectile suivi d'un nom propre. Un second système de notation plus rigoureux exprime le calibre et la longueur de l'étui, plus éventuellement quelques lettres établissant diverses caractéristiques.

Mécanique de la munition[modifier]

La plus importante caractéristique d'une arme à feu est la munition pour laquelle elle est chambrée. Elle détermine le calibre de l'arme. Le poids de la balle et la quantité de poudre déterminent la puissance de la munition et le recul de l'arme.

Les chapitres suivant expliquent pourquoi les munitions modernes ont tendance à être d'un calibre inférieur, plus légères et rapides que les munitions plus anciennes.

Énergie[modifier]

L'énergie d'un projectile en mouvement correspond à son énergie cinétique et augmente sa portée et son efficacité. La formule en mécanique classique est :

 E_c = \frac{1}{2} m v^2

m est la masse de la balle, v est sa vitesse. Une balle lourde et rapide aura plus d'énergie qu'une balle lente et légère.


L'énergie donnée au moment du tir dépend de la charge propulsive et du frottement dans le canon (donc de sa longueur), mais pas de la masse du projectile ; ainsi, pour une charge propulsive donnée, un projectile plus lourd ira moins vite qu'un projectile léger, mais les deux auront la même énergie cinétique.


Notons qu'il existe également une énergie cinétique dite de rotation pour les balles tournant sur elles-mêmes. Une balle tournant sur elle-même a plus d'énergie qu'une balle de même masse ne tournant pas, à la même vitesse (Il en va de même pour les obus). Les canons rayés ou la forme de certaines balles entraînent leur rotation.

Recul[modifier]

Le recul d'une arme est une poussée inverse à celle de la balle, selon le principe d'action-réaction. Elle est fonction de la quantité de mouvementp développée par la balle soit :

\vec{p}=m\vec{v}

Là encore, m est la masse de la balle et v sa vitesse. La vitesse n'a pas plus d'influence sur le recul développé par la munition que la masse. Notons que la quantité de mouvement ressentie au départ de la balle est équivalente, et même supérieure si l'on tient compte de la friction, à celle imprimée à la cible. En bref, il n'y a que dans les films où un coup de fusil de chasse propulse sa cible trois mètres en arrière. Une arme dont la munition développerait une telle quantité de mouvement ferait subir le même sort au tireur.

À la quantité de mouvement de la balle partant dans un sens correspond, pour l'arme dont le coup est parti, une quantité de mouvement identique en sens contraire.

m1·v1 = m2·v2

m1 et v1 sont la masse et la vitesse de la balle, m2v2celles de l'arme. Cette dernière étant nettement plus lourde que la balle partira beaucoup moins loin. Cette vitesse imprimée à l'arme correspond au recul. À munition égale, une arme plus lourde présentera donc un recul plus faible.

Trajectoire du projectile[modifier]

La gravitéterrestre entraîne irrémédiablement le projectile vers le sol et la trajectoire d'un projectile prend nécessairement la forme d'une courbe. Les tirs à longue distance nécessitent de compenser cette chute en visant au-dessus de la cible. Plus la balle aura de vitesse, plus sa trajectoire semblera plate pour une distance donnée (en négligeant les frottements). Le vent devra être compensé de la même manière en décalant la ligne de visée sur le côté.

La plupart des armes à feu présentent un canon pourvu de rayures internes destinées à imprimer un mouvement de rotation à la balle pour améliorer la stabilité de sa trajectoire. La vitesse à la bouched'une balle est très variable en fonction des munitions et de la longueur de canon des armes. Les munitions d'armes de poing sont relativement lentes, leurs vitesses ne dépassent guère celle du sonsoit environ 340 m/s. Les munitions d'armes d'épaule sont nettement plus rapides, entre 400 et 1000m/s. Un tir à longue distance implique également un décalage temporel entre le tir et l'arrivée du projectile qu'il peut être nécessaire de compenser.

Les balles entrant en contact avec des objets (pierre, arbre, mur, surface de l'eau) sont susceptibles de ricocher et de connaître d'important changements de trajectoire. C'est une source d'accidents non négligeable.

Voir aussi Balistique et Trajectoire parabolique.

Dégâts, traumatologie[modifier]

Les dégâts infligés par une arme à feu dépendent de l'arme mais surtout de la munition. Les problèmatiques liées aux dommages créés par les munitions varient en fonction du contexte d'utilisation. Dans les milieux civils (police, autodéfense) les engagements ont généralement lieu à très courte portée et le pouvoir d'arrêtest fondamental. La munition doit mettre immédiatement hors combat la cible pour lui interdire toute riposte. Dans un contexte militaire, la problématique est différente, les critères sont beaucoup plus nombreux (un soldat doit par exemple pouvoir emmener un nombre important de munitions avec lui) et les blessés chez l'ennemi représentent un handicap logistique tout à fait intéressant.

Il existe de nombreux débats d'experts sur l'efficacité des munitions. Les approches sont multiples, par exemple tests effectués dans des blocs homogènes (glaise ou gel spécifique) pour étudier l'effet des impacts, études statistiques et études médicales sur des cas réels. Plusieurs explications sont généralement avancées et font l'objet de débats animés.

Les blessures infligées sont essentiellement des plaies(perforation de la peau et des tissus sous-jacent), dont les conséquences dépendent essentiellement de la partie touchée et de la profondeur de pénétration. L'énergie cinétique libérée à l'impact est parfois considérée comme source de dégâts locaux et distants sur les tissus et sur l'organisme ; c'est le « choc hydrostatique » provoqué par l'onde de choc (onde mécanique de pression) qui en est à l'origine.

La forme du projectile influe sur le type de dégâts. Les conventions internationales ou les valeurs d'usages ont interdit l'usage de balles militaires modifiées pour augmenter l'étendue des dommages causés. Les balles de métal mou (plomb ou contenant plus de 80 % de plomb) libèrent aussi à la pénétration une quantité faible mais mesurable de plomb toxique qui est immédiatement diffusé sous forme moléculaire ou de minuscules fragments dans le corps par le flux sanguin. Dans les cas des munitions telles que grenades et obus, l'enveloppe fragmentée par l'explosif est elle-même vulnérante, en plus de l'onde de choc. Il faut y ajouter les effets du contenu chimique toxique pour les munitions chimiques, et/ou ceux des centaines de billes de plomb projetées dans toutes les directions, dans les cas des obus shrapnels).

La première conséquence est la douleur, en fonction du moral de la victime, le résultat peut aller de sa mise hors combat en raison de l'angoisse à une dangereuse réaction de colère sous l'effet de l'adrénaline.

Si un muscle ou un tendon est touché, cela va provoquer une impotence fonctionnelle (mouvement gêné ou impossible). Des vaisseaux sanguins seront probablement touchés, provoquant des hémorragies pouvant entraîner rapidement la mort. La destruction partielle ou totale d'organe peut provoquer une mort immédiate (cœur, cerveau) ou retardée (poumons et système respiratoire) ou des infirmités (paralysie ou troubles mentaux en cas d'atteinte du cerveau ou de la moelle épinière, troubles divers selon l'organe atteint, amputation). Comme toutes les plaies, elles présentent un risque d'infection. La munition peut également provoquer une fracture osseuse avec dispersion d'esquilles osseuses aggravant le traumatisme.

Le type de munition dépend du but recherché :

  • Maintien de l'ordre : on va plutôt s'orienter vers des munitions provoquant de la douleur, avec un faible risque de pénétration (munition dite « sub-létale »), comme par exemple de la chevrotine en caoutchouc ou des flash-balls. Les munitions classiques seront le plus souvent des balles blindées conventionnelles, probablement pour une raison plus liée au coût qu'à l'efficacité. Pour la police l'arme est symbolique et dissuasive plus que pratique ;
  • Chasse : le but est soit de stopper et tuer rapidement un petit animal en mouvement, à relativement faible portée pour protéger les biens et personnes situés dans la direction du tir, avec des projectiles généralement non profilés et multiples (grenaille) pour maximiser les chances de toucher et limiter la portée. Pour les gibiers de plus grande taille, on tire depuis des armes à canon rayé des balles profilées et rapides, proches des munitions militaires. On cherchera alors à augmenter l'effet de choc et à briser les os avec des balles dont l'ogive est moins profilée que les munitions militaires. La longue portée et l’énergie cinétique très élevée de ces munitions comparables aux munitions de guerre sont à l'origine de nombreux accidents.
  • Intervention  : Lors des opérations d'intervention lors d'arrestation à risque, de prise d'otage ou de protection de personnalités ou encore pour l'autodéfense, le but recherché est de mettre la cible hors d'état de nuire au plus vite. Ce pouvoir d'arrêt peut être obtenu par un projectile expansif pour augmenter le volume de tissus détruits et maximiser les chances de toucher un organe vital ou provoquer une hémorragie importante. Une munition à projectiles multiples peut être utilisée, avec des risques de toucher d'autres cibles, mais leur capacité de pénétration plus faible est présentée par leurs promoteurs comme étant un gage de sécurité.
  • Maîtrise d'un animal dangereux : pour des animaux dangereux et/ou protégés, des fléchettes garnies d'un somnifère sont efficacement utilisées, généralement par des vétérinaires. Elles peuvent cependant être vulnérantes pour des animaux petits ou fragiles si elles touchent un organe vital. Ce type de munition n'a jamais été adapté à la chasse ni aux armes de poings ni aux usages militaires en raison de sa portée très réduite et la lenteur de son effet.
  • Guerre : Les munitions de guerre sont encore plus variées que les armes qui les mettent en œuvre (de la balle de pistolet à la bombe nucléaire). Les contraintes logistiques, de réactivité, de poids, de coût et de vitesse de production ont conduit les pays dits « riches »à coupler la production industrielle de munitions pour armes lourdes à la production par milliards d'unités de munitions individuelles légères, peu encombrantes, et faciles à acheminer vers les combattants, tout en cherchant à développer leur portée et leur capacité de perforation alors que les blindages et protections individuelles se multipliaient et alors que les armes ennemies devenaient toujours plus puissantes et précises, dans une coûteuse course aux armements qui n'est toujours pas maîtrisée. La stratégie militaire trouve plus « rentable »de blesser un ennemi que de le tuer ; chaque blessé mobilisant une importante logistique (récupération, transport, soins, convalescence) en générant un impact qu'on espère démobilisateur dans les troupes et sur la population à l'arrière, capable d'infléchir les choix politiques. La protection de ses propres soldats compte aussi ; une munition telle que le 5,56 mm OTANest l'une des plus dangereuses munitions d'armes légères en raison de sa capacité à éclater sous les contraintes d'un impact à moins de 100 mètres (voir l'article Blindage et munition anti-blindage). À partir de 1855 lors de la Guerre de Crimée, puis surtout en 1914-1918 les soldats se sont enfoncés pour se protéger des munitions devenues très performantes, développant une guerre dite des tranchées. Les marchands d'armes ont alors produit des obus shrapnels à sous-munitions avec un système de retardement de l'explosion, de manière à programmer celle-ci au dessus des tranchées pour y tuer ceux qui s'y protégeaient. De même les munitions chimiques étaient-elles capables de libérer des toxines invisibles, parfois persistants et s'insinuant dans les casemates (et au travers des protection en caoutchouc naturel dans le cas de l'ypérite). Ensuite ce sont les bombardiers à grande capacité puis les missiles qui ont rendu les tranchées inutiles, eux-mêmes de peu de poids face à l'arme nucléaire, avant que ne se profilent les bombes à neutrons, de nouvelles munitions non toxiques ou « intelligentes »et la guerre des étoiles qui rend la notion de munition plus floue, avec par exemple l'utilisation du laser ou d'autres types d'ondes ou champs électromagnétiques, quand il ne s'agit pas simplement de virus informatiques chargés de déprogrammer les armes ennemies.

Voir ci-après Efficacité des munitions.

Munition et environnement[modifier]

Une grande quantité de métaux et produits toxiques sont mobilisés pour fabriquer les munitions dont la fabrication a été dopée par la course aux armements, depuis la préparation de la Guerre 14-18.
Une grande quantité de métaux et produits toxiques sont mobilisés pour fabriquer les munitions dont la fabrication a été dopée par la course aux armements, depuis la préparation de la Guerre 14-18.
Tour à plomb de l'Usine Métaleurop-Nord où ont été fabriqué des dizaines de milliards de billes de grenaille de plomb de chasse
Tour à plomb de l'Usine Métaleurop-Nord où ont été fabriqué des dizaines de milliards de billes de grenaille de plomb de chasse
Les vapeurs émises lors du tir peuvent contenir des produits et métaux toxiques
Les vapeurs émises lors du tir peuvent contenir des produits et métaux toxiques
Les sites de fabrication et dépôt abandonnés (Ici à Sangamon, Illinois, États-Unis) ont parfois été pollués suite à des accidents, fuites, ou bombardements.
Les sites de fabrication et dépôt abandonnés (Ici à Sangamon, Illinois, États-Unis) ont parfois été pollués suite à des accidents, fuites, ou bombardements.

Pour améliorer les caractéristiques cinétiques des projectiles, des métaux lourds ont été utilisés dans la plupart des munitions. Or, tous ces métaux sont toxiques, et en particulier le plomb auquel on ajoute généralement 7 à 10 % d'antimoine et d'arsenic également toxiques. Il est présent dans les balles, ou dans certaines amorces (azoture de plomb remplaçant le fulminate de mercure). Le plomb est l’un des éléments les plus toxiques en terme de risque/quantité, avec le mercure (présent sous forme de fulminate de mercure dans les anciennes Amorces). Le cadmium, également très toxique est également présent dans certaines munitions (militaires).

Evolutions : De nombreux pays depuis les années 1980 ont interdit ou réduit l'utilisation du plomb dans les cartouches de chasse au profit de cartouches moins toxiques ou dites non-toxiques. Mais outre que d’autres métaux moins toxiques, mais néanmoins toxiques sont utilisés (bismuth notamment), si le cuivre ou laitondes chemisages ou douilles est peu toxique pour les animaux, il l’est, et à très faible dose, pour certains végétaux et organismes aquatiques. Par ailleurs les nitrates ont été très utilisés dans les charges propulsives. Ce sont des eutrophisants de l'Environnement et ils peuvent contribuer à acidifier l'air (sous forme d'acide nitrique).

Les munitions peuvent polluer d'au moins six manières :

  1. lors de leur fabrication (Ex : MetaleuropNord en France produisait du plomb pour les munitions et formait des billes pour les cartouches dans sa tour à plomb. Comme d'autres sites industriels ou artisanaux, l'usine après sa fermeture et une coûteuse dépollution est encore source de problèmes majeurs de saturnisme et de pollution durable des sols et sédiments.)
  2. lors d'accidents dans les usines de munitions, lors du transport, ou dans les dépôts de munitions. Par exemple, en mai 2004, l'office suisse de l'environnement du canton de Schwyz a détecté un pollution inexpliquée à la surface des plusieurs lacs en Suisse (Est et centre). La Centrale nationale d'alarme(CENAL) a montré par des analyses et modèles de dissémination météorologique, qu'il s'agissait de retombées de fines particules de métaux lourds provenant de l'incendie accidentel d'un dépôt de munitions en Ukraine. En Allemagne on traite encore les pollutions graves laissées par un accident dans une usine de munition et l'explosion d'un train de munition, ce qui invite à rétrospectivement réévaluer les retombées d'accidents tels que l'explosion du dépôt de munitions du col du Susten en 1992, ou celui du dépôt de munition des dix-huit ponts qui a soufflé en 1916 une partie de la ville de Lille.
  3. lors de leur utilisation (émission de vapeurs de mercure, de plomb et d'imbrûlés), les problèmes directs de santé se posant surtout en salle, pour les entraineurs militaires ou de la police)
  4. lors de l'abandon ou de la perte de projectiles dans la nature (plomb majoritairement, mais des munitions ont été fabriquées avec de nombreux métaux, dont de l'uranium appauvri). Ce sont 5000 à 8000 tonnes de plomb qui étaient annuellement éparpillées dans l'environnement par la chasse et le ball-trap en France à la fin du XXe siècle en France, soit 500 à 700 fois les émissions annuelles de l'Usine Metaleurop avant sa fermeture (usine réputée la plus polluante par le plomb dans ce pays).
  5. lorsque les munitions non exploséessont perdues, oubliées lors de combats ou entraînement (une partie non négligeable des obus et d'autres munitions militaires n'explosent pas à l'impact)
  6. lors de leur démantèlement ou destruction finale ou rejet dans la nature (ex : munitions immergées), pour les munitions périmées, munitions chimiquesinterdites ou munition non-explosées récupérées et traitées dans de mauvaises conditions, tout particulièrement pour les armes chimiques.

Certains sites de ball-trap ou champs et prés périphériques se sont avérés plus pollués que des sites industriels à risque, nécessitant de coûteuses dépollutions.

Pour toutes ces raisons, les armées, les forces de l'ordre et les instances responsables de la chasse, dans certains pays commencent à imposer des munitions moins toxiques ou dites "non toxiques".

Pour en savoir plus, voir l'article Toxicité des munitions.

Classification[modifier]

Le mode de percussion détermine trois types de munitions :

  • centrale, étui métallique
  • centrale, étui/douille non métallique : pour arme à canon lisse,
  • annulaire

Efficacité des munitions[modifier]

Masse et vitesse du projectile[modifier]

'45 et 38'
'45 et 38'

L'énergie cinétique augmentant en fonction du carré de la vitesse, alors que son influence sur la quantité de mouvement n'est pas supérieure à celle de la masse, il est généralement intéressant de la privilégier lors de la conception de la munition. Une balle légère et rapide offrira un meilleur rapport entre énergie et recul. À titre d'exemple, une 9 mm Parabellum standard de 8 g et présentant une vitesse initiale de 350 m/s aura une énergie de 490 joules tout comme une .45 ACP standard de 14,95 g avec une vitesse de 258 m/s(494 joules). Mais le recul développé par les deux munitions est en revanche très dissemblable puisque la quantité de mouvement de la 9 mm Parabellum est de 2,8 kgm/s contre 3,86 kgm/s pour la .45 ACP. En terme de rapport entre énergie conférée au projectile et recul, l'avantage est très nettement en faveur des balles légères et rapides.

De telles balles nécessitent néanmoins des poudres performantes donc de hautes pressions en chambre ainsi que des canons longs, ce qui explique qu'il ait fallu du temps avant de développer des balles rapides et que les munitions d'arme de poing restent relativement lentes. Le poids de la tradition joue néanmoins un rôle important en la matière puisque qu'une 9 mm ParabellumTHV(Très Haute Vitesse) a été développée par une entreprise française sans rencontrer un succès commercial significatif. Les armées se sont progressivement dotées de munitions légères et rapides à partir des années 1960 et on note également l'apparition de munitions rapides et légères dans des pistolets mitrailleurs récents correspondant au concept de PDW. L'un d'entre eux, le P90Five-SeveN, un pistolet chambré pour ce même genre de munition. s'accompagne même du

Onde de choc[modifier]

En théorie une onde de choc naît dans le sillage d'un projectile progressant à plus de Mach1 dans un milieu. Par ailleurs la vitesse du son en leur sein est supérieure à celle des plus rapides munitions d'armes longues donc les projectiles disponibles n'y atteignent pas Mach 1. De surcroît l'inertie et la résistance mécanique des tissus leur permet de reculer lors d'une poussée donc d'absorber une partie de l'énergie qui anime le projectile. Leurs caractéristiques physiques, en particulier leur densité, causeraient de plus une rapide dissipation d'une onde de choc par élévation de la température et dommages mécaniques au milieu immédiatement environnant et non à une part importante de l'ensemble. C'est pourquoi certains affirment qu'aucun projectile d'arme à feu contemporaine ne provoque d'onde de choc dans des tissus vivants où les cavités observées relèvent des ondes de pression.

Pouvoir perforant[modifier]

Le pouvoir perforant d'un projectile est fonction de sa densité sectionnelle: il est fonction de la masse du projectile par rapport à sa surface au contact du corps à perforer. C'est pourquoi les projectiles perforants sont long et denses.

Caractéristiques des balles[modifier]

Mais l'énergie et le recul ne suffisent pas à rendre compte de l'efficacité des munitions. La capacité de mise hors combat d'un humain, par exemple, est particulièrement difficile à établir car des tests empiriques sont exclus. Plusieurs notions émergent toutefois :

  • la capacité de perforation exprime l'aptitude d'une balle à traverser des obstacles et à pénétrer pro
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Dernière mise à jour de cette page le 17/05/2008

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